Un humaniste, notre ami

Jean-François Chosson,

nous a quittés

"Je pique une tête dans la vie, à la cité Michelin de la Plaine, officiellement le 31 mai 1928" ainsi s'exprimait Jean- François Chosson dans son dernier ouvrage "La mémoire apaisée". Il vient de toucher le dernier rivage en ce début 2003. Tous ceux qui l'ont approché ressentent un grand vide, et ils sont nombreux, tant Jean-François Chosson a su enrichir les personnes et les groupes qui ont partagé ses engagements ou même seulement croisé, un moment, ses chemins.

photo J.F. Chosson par Anne Testut, MAAPAR Né dans le giron de la cité Michelin, dans un environnement ouvrier auquel il reste très attaché même s'il le quitte pour le collège puis le lycée, sa première rencontre avec l'éducation populaire a lieu au sein des Auberges de Jeunesse. Il va y acquérir des pratiques qui lui seront très utiles lorsqu'il deviendra moniteur-éducateur dans un centre d'Education surveillée qui le confronte à la marginalité.

Vaucresson, centre d'observation de Lyon : c'est lorsqu'il fait une mutation pour Paris que prennent fin les années d'apprentissage. Cette mutation lui permettra de rejoindre le Bureau national de Peuple et Culture dont le président fondateur, Joffre Dumazedier restera pour lui une référence tout au long de sa vie. Et c'est au conseil d 'administration de peuple et Culture qu'il rencontrera un chargé de mission auprès d'Edgard Pisani, ministre de l'agriculture depuis août 1961, Paul Harvois. Avec lui il se lancera dans la grande aventure de l'éducation socio-culturelle dans l'enseignement agricole.

Passées les tourmentes de 1968, à partir de 1974, il prend la responsabilité du département Education permanente de l'Institut de promotion supérieure agricole (INPSA) de Dijon permettant ainsi, ce qui n'allait pas de soi, des convergences entre éducation populaire et formation professionnelle. Quelques années plus tard, il deviendra le Directeur de l'INPSA.
Lorsqu'il quitte le Ministère de la Justice pour celui de l'Agriculture, Jean-François Chosson s'intègre à un milieu différent et c'est là qu'il va mettre en œuvre son "Institutionnalisation de l'Utopie".

En 1964 le Groupe de Recherche pour l'Education et la Prospective (GREP) association destinée à jouer auprès du ministère de l'Agriculture un peu le même rôle que la Ligue de l'Enseignement auprès de l'Education nationale, avait été mis en place. D'emblée, J.F.Chosson participe à ses travaux et en particulier à la mise en place des universités agronomique de printemps qui rassemblent toutes les promotions sortantes des Ecoles du ministère de l'agriculture et qui ont laissé une grande nostalgie à ceux qui ont eu la chance d'y participer. Si le GREP, et sa revue POUR, disposent d'une grande audience, y compris au niveau européen, c'est en partie à lui qu'ils le doivent.

Sa vie foisonnante, Jean-François Chosson la raconte dans "La Mémoire apaisée". Il faut lire ce livre pour mieux comprendre l'évolution de l'enseignement agricole dans le contexte de la chaotique société du XXème siècle.


CHOSSON, Jean-François - La mémoire apaisée - Au long des routes de l'éducation populaire et de l'enseignement agricole 1928-2001 - Paris : L'Harmattan - Peuple et culture, 2002, 190 p. coll. "Histoire de vie et formation".

Texte réalisé par le Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires Rurales,
Direction Générale de l'Enseignement et de la Recherche
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