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Marcel Conche

(Addendum par par Jean-Philippe Catonné - 14 mai 2003)

 

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Vie de Marcel Conche

II. Des éléments sur son oeuvre


Marcel Conche s’est fait connaître par des « essais » dans trois directions.


II.1. Ses travaux d’histoire de la philosophie sont appréciés de tous, par exemple ses éditions de Lucrèce ou d’Epicure. Il a consacré de nombreuses études aux auteurs de l’Antiquité, par exemple Pyrrhon et surtout les Antésocratiques, à savoir Héraclite, Anaximandre et Parménide.


II.2. Ses réflexions morales traversent toute son oeuvre, depuis Orientation Philosophique, en 1974, avec un moment fort dans son Fondement de la morale, en 1982. Dernièrement, il résume sa position sur la morale comme suit. Elle se fondera « sur le simple fait que vous et moi pouvons dialoguer, et nous reconnaissons par là même comme également capables de vérité et ayant la même dignité d’êtres raisonnables et libres. Et une telle morale, impliquée dans tout dialogue, différente aussi bien des morales collectives que des éthiques particulières, a bien un caractère universel, puisque le dialogue avec n’importe quel homme est toujours possible, en droit » .


II.3. Dès ses premiers ouvrages, il développe une philosophie générale, une métaphysique, avec des études sur Montaigne (1964 et 1987), La mort et la pensée (1974), le temps et le destin (1980) ou encore l’aléatoire (1989).
Dans son naturalisme, il retrouve la pensée des Antésocratiques, avec lesquels il ne cesse de dialoguer sur le Tout de la réalité, en particulier dans sa Présence de la Nature (2001).


III. Son rapport avec le rationalisme


Le rapport entre philosophie et rationalité apparaît comme une évidence à l’auteur, puisque, selon lui, tout philosophe, digne de ce nom, s’inscrit sur une démarche rationnelle. Si maintenant on définit le rationalisme comme la défense de cette position, les écrits de Marcel Conche apparaissent constants en la matière. Il oppose la Révélation où une vérité est donnée immuablement à la recherche d’une vérité - travail du philosophe - en n’utilisant d’autre guide que la raison naturelle. La philosophie, activité normale de l’homme, est ainsi conçue comme une libération en soi-même du pouvoir de la raison.


Cela lui permet de tendre vers une philosophie universelle, laquelle ne vise pas seulement la morale (les droits de l’homme étant déjà universellement reconnus), mais la métaphysique. Dans ce sens il conçoit un « oecuménisme »philosophique, sur le fond de ce qui s’offre à tous les hommes, à savoir la Nature. Dans son dernier ouvrage, déjà cité, il analyse des convergences de ce type entre Héraclite et Lao-Tseu. D’où cette conclusion : « Est ‘oecuménique’ ce qui concerne tous les hommes, qui est universel.

L’oecuménisme religieux est, semble-t-il, impossible. Le Catéchisme de l’Eglise catholique dit qu’il faut ‘avoir conscience que ce projet sacré, la réconciliation de tous les chrétiens dans l’unité d’une seule et unique Eglise du Christ, dépasse les forces et les capacités humaines’(Mane/Plon, 1992, § 822). Mais au contraire de l’oecuménisme religieux, l’oecuménisme philosophique paraît possible. Car, si le Dieu du monothéisme est un objet culturel et est donc relatif à une culture particulière - judéo-islamo-chrétienne -, la Nature est ce qui s’offre en toute évidence à tous les hommes. Une philosophie de la Nature comme le Site ou l’Englobant universels, doit pouvoir réaliser l’accord des esprits » . Deux points complémentaires pour étayer ma conclusion personnelle :


- à deux reprises, j’ai cité le dernier livre de mon ami Marcel Conche, Quelle philosophie pour demain ? (Paris, PUF, 2003), dans lequel le lecteur pourra prendre connaissance de nombre d’aspects essentiels de sa philosophie. Toutefois, il me semble juste de renvoyer à l’ensemble de l’oeuvre de ce philosophe si original et créatif. Voir sa bibliographie.

- Je me permets aussi de mentionner le texte intitulé « Marcel Conche : qui êtes-vous ? » de l’allocution que j’ai prononcée à Toulouse en 1998 pour présenter l’auteur à un public enthousiaste et nombreux du Grep de plus de 500 personnes. Cette présentation introduisait à une de ses conférences, « Le scepticisme et le sens de la philosophie », qui fut publiée dans le N° 19/20 de Parcours, puis reprise dans "Le sens de la philosophie", Encre marine, 1999.

 

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