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Paul Harvois

 

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Homme d'intuitions fortes. il a consacré sa carrière de fonctionnaire non conformiste et d'homme d'action à la création de structures administratives et d'associations novatrices

-Né le 19 mai 1919 à Romery (Marne), fils d'un cheminot CGT, et d'une couturière de Belleville, P. Harvois fréquente très jeune les réunions politiques. Son père est renvoyé à la suite de la grève de 1910, mais persiste dans son militantisme actif.

Instituteur en 1939, P. Harvois participe activement à la Résistance en qualité de chef de secteur, il devient inspecteur adjoint de l'éducation populaire en 1945 et secrétaire général de la Fédération des oeuvres laïques de l'Aisne où, avec R. Louis, il lance l'expérience des télé-clubs.

Nommé directeur départemental de la Jeunesse et des sports de Hte-Marne en 1952, il travaille avec le jeune préfet Édgar Pisani pour la construction et l'animation d'équipements socioculturels. Directeur du centre régional d'éducation physique l'Houlgate en 1958, puis du Centre d'éducation populaire de Phalempin en 1960, il collabore activement avec Peuple et Culture, notamment avec J. Dumazedier à la conception des premiers stages "d'esthétique de la vie quotidienne".

Homme d'action, au style charismatique, P. Harvois a toujours suscité des amitiés passionnées au service d'idées novatrices, fusse au prix de ruptures décisives et de réconciliations spectaculaires, mais toujours fidèle à l'esprit d'une laïcité ouverte dans l'esprit du Siècle des lumières et une ouverture en éveil vers les formes les plus élaborées de la création esthétique et sociale. Il est appelé en 1962 en qualité de chargé de mission au cabinet d'Édgar Pisani qui, nouveau ministre de l'Agriculture vient de faire voter sous l'autorité de Michel Debré, Premier Ministre, une ambitieuse loi complémentaire d'orientation agricole qui, outre les objectifs concernant les structures et la commercialisation, décuple les crédits de l'enseignement agricole. Nommé chef du bureau de la Promotion sociale et des activités culturelles en 1963, P. Harvois, avec l'appui du directeur général Soupault, fait construire un Centre socioculturel et un Centre de formation professionnelle de la promotion agricole (CFPPA) auprès de chaque lycée ou collège agricole, il met en place une filière de formations d'ingénieurs par la voie de la promotion sociale, et crée le premier corps d'animateurs par la voie de la Fonction publique. Par le canal du Groupe de recherche et d'éducation pour la promotion (GREP), il organise avec une équipe recrutée hors des arcanes de la Fonction publique, les universités agronomiques de printemps destinées à informer les promotions sortantes des Grandes écoles du ministère de l'Agriculture sur les objectifs et contenus du développement culturel de l'espace rural. Nommé professeur à la chaire "Education des adultes" de l'École nationale supérieure des sciences agronomiques (ENSSA) de Dijon, il élargit le champ de la promotion collective agricole aux organisations rurales, puis aux associations socioculturelles étendant ainsi considérablement la périphérie associative de l'enseignement public agricole.

Vivement attaqué par les partisans de l'ordre moral en mai 1968, il reporte sur le GREP sa capacité de création sociale. Il réunit autour de lui une équipe d'universitaires, notamment G. Berger et J. Ardoino. des créateurs et des personnalités attirés par cette nébuleuse qui contribue à désenclaver le milieu rural par sa fonction de "tour de guet" de la vie sociale. Les ateliers de Fontevrault sur l'environnement (1978), le colloque de Grenoble sur les associations de progrès (1975), de la fondation de l'économie sociale (1988) sont autant d'événements majeurs qui marquent des avancées dans des secteurs encore peu étudiés. La revue POUR qui atteint son numéro 100 en 1985, publie des numéros de référence sur la sociologie des organisations, l'évaluation, la recherche-action, l'environnement. En 1970, il préside la commission interministérielle pour la création d'un Institut du paysage.

P. Harvois prend sa retraite en 1985. Plus exactement, il change d'activité car toujours passionné d'architecture, il rebâtit un hameau sur les contreforts des Cévennes, participe activement à la vie locale, notamment au Parc national dont il devient vice-président. Il exerce toujours un magistère écouté sur ses fidèles qui ne manquent pas de lui rendre visite dans sa Thébaïde. Il est fait officier de la Légion d'Honneur par É. Pisanià Florac en 1990 au titre du ministère de l'Environnement.

Jean-François Chosson [cache}

Références

  1. L'Éducation populaire au tournant des années 60.
  2. Document de 1' INJEP, INJEP /Peuple et culture, 1994.
  3. JF Chosson. Les générations du développement rural. Ed. LGDJ, 1991. -
  4. Revue Pour. GREP. 13-15 rue des Petites Écuries. 75010 Paris